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Réalisme et la littérature

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دیدگاه رئالیستی در ادبیات و بررسیهای ادبی

Le « Moi » dans la poésie de Nasrin Djaferi

Le « Moi » dans la poésie de Nasrin Djaferi

On a tué la moitié de moi

Dans la direction de jamais et vers rien

Nasrin Djaferi

« Nasrin Djaferi, née en 1950, à Khoramabad. » C’est la présentation fréquente que nous pouvons trouver sur une vingtaine de sites-web qui ont inséré de ses poèmes dans leurs pages. Parmi ces blogs-sites, ses concitoyens étaient bien plus actifs. Ces derniers avec leurs blogs littéraires locaux l’ont présentée comme la poétesse de Khoramabad : « La dame de la poésie contemporaine de Khoramabad » pour le blog Ta Sepideh…- un regard sur l’art et la littérature de Khoramabad … Rien que cela … avec des poèmes extraits de ses quelques recueils.

 

 

Pour présenter Nasrin Djaferi, nous pouvons citer Mohammad Hoghoughi qui préface le recueil Raml-e Hendessi-e Aftabgardan.

NAsrin Jaferi « est une poétesse qui en 1990 et avec la publication du recueil la blessure de l’ombre et du saule  a présenté une poésie avec un espace poétique différent (qui apparemment n’a attiré aucun regard). Trois ans plus tard elle est venue me présenter ces nouveaux poèmes, me les a lus et m’a fait réfléchir de plus en plus (à ses poèmes). »

 

Les poèmes de Djaferi

Après un long reproche sur l’usage des combinaisons longues, lourdes et insignifiantes dans la production poétique contemporaine, tel que les groupes nominaux interminables, accidentellement construits qui ne font que nuire au poème, aux images qu’il veut présenter et aussi à l’expression de son inventeur[1], Mohammad Hoghoughi présente ainsi le résultat de sa « réflexion » et son regard :

« Malgré les faiblesses de ses poèmes (de N. Djaferi) dont les combinaisons mauvaises et vagues, … nous pouvons considérer … qu’une multitude d’expressions qu’elle utilise, démontrent une forte imagination qu’avec l’esprit de la poétesse et sa propre réflexion, l’accumulation des adjectifs et des compléments du nom s’introduisent facilement et légèrement dans la poésie… Ces combinaisons auraient une certaine force qui nous plongent dans l’extase imaginaire et le cauchemar de la poésie pour nous réveiller ensuite et pour nous faire sortir de ce chaos par des expressions simples et quotidiennes … Devant cette poésie c’est comme si nous avons pris place dans un train sans fenêtre qui suit sa course sans s’ arrêter et que nous n’avons le sentiment d’être dans un train et nous ne sentons sa vitesse que par les mouvements parfois violents… »

 

Hoghoughi ajoute finalement «  Bref Nasrine Djaferi a atteint  une poésie dont les spécificités sont l’indépendance de langage et de réflexion.»[2]

 

Pourquoi ce choix?

Nous avons rencontré la poétesse dans une des maintes réceptions littéraires diplomatiques. Elle y a été invitée avec d’autres poètes et qui récitaient chacun à son tour quelques uns de ses poèmes.

A vrai dire, n’étant pas très « fan » de cette poésie « d’aujourd’hui », nous n’avons pas été très attentif à la « qualité » de ces produits.

C’est la personne de Nasrin Djaferi qui était plus intéressante. Faisant plus que son âge, cette dame était manifestement très sensible, au point qu’on pouvait traduire cette sensibilité à une maladresse ou une grande timidité dans l’inhabituel cadre quasi solennelle des réceptions diplomatiques.

Plus tard, elle nous appelle pour demander la suite d’une idée vague présentée par une responsable culturelle concernant un projet de traduction de ses poèmes, projet qui n’avait pas eu lieu et était resté dans le mémoire de la poétesse qui souhaitait vivement être lue et connue par un plus grand public français et francophone ce qui n’avait pas été réalisé et que la poétesse se croyait indignée par ce qu’elle considérait comme l’injustice.

Avec une petite volonté de réparation, nous nous sommes mis à lire un de ses recueils Dans la direction de jamais , vers rien, pour un premier jet de traduction en français ce qui a coïncidé avec les cours de la critique psychanalytique.

Le choix de travailler sur deux recueils[3] de poèmes de Nasrin Djaferi s’est fait naturellement et justement par un certain sentiment de singularité qu’elle diffuse. Ayant vu le personnage, le poème nous est en quelque sorte l’évocation de la poétesse : les autocensures dans la réalité physique et sociale et le contrôle permanant des faits, des dits et des gestes, parfois maladroits mais simples et naturels, qui s’expriment pleinement dans la poésie. L’image de « moi », mon image, l’image que je présentais, que je présente, que je présenterai ou que je dois présenter de moi, à moi, à autrui et aux autres.  

 

Méthode de travail

Procédure technique et informatique

Le texte de 2 recueils, publié sous forme et sur support papier, a été retranscrit sur l’ordinateur – MS-Word, puis transféré sur MS-Excel.

Un premier tri a extrait les vers traitant le « moi ». Ensuite, la catégorisation des images, des actions accomplies ou subies, des épithètes et des compléments attribués à « moi » nous font submerger les métaphores récurrentes  et le réseau qui les lient les une aux autres.

De trente-sept poèmes de ces deux recueils, seulement neuf ne parlent pas directement de « moi » : les 13e, 15e, 16e et 17e  poèmes d’ On a tué une moitié de moi et les 5e, 8e,11e,13e et 14e du recueil Dans la direction de jamais, vers rien.[4]

De 800 vers, 168 contiennent le « moi » dans chacune des formes grammaticales, pronoms -sujet ou objet, possessif, ou terminaison de verbe, ( من – َم). Sous formes de phrases et d’unités linguistiques, le nombre de ces vers remontent aux environs de 600 vers et en ce qui concerne la présence de « moi », le lecteur le voit partout dans la poésie qui reste pleinement l’expression d’un « moi » qui se veut conscient et qui révèlerait l’inconscient de la poétesse dans les images voulues et les métaphores créées.

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[1] Etant plus indulgent que nous, M. Hoghoughi emploie le nom de poète et de jeunes poètes pour les créateurs de « ces expressions » qui « s’auto-publient » comme c’est, malheureusement, l’usage fréquent dans la publication de la poésie en Iran.

[2] Il est à noter que les conclusions que tire Mohammad Houghoughi n’engagent que le feu et regretté poète et que le rédacteur de ces lignes s’y réfère pour tenter de présenter une poétesse qui s’avère être parfois méconnue voire inconnue dans les milieux littéraires.

 [3]  نسرین جافری، نیمی از مرا کشته اند،  انتشارات دارینوش، ۱۳۷۹.

و به سمت هرگز به سوی هیچ،  انتشارات دارینوش، ۱۳۸۲.

[4] Les 16e et 17e poèmes du premier recueil et le 5e du second évoquent quand-même la première personne du singulier en tant que locuteur, en impliquant l’interlocuteur « tu » ou « toi », et la présence de « moi » observateur se fait sentir dans les autres poèmes mentionnés ci-dessus.


+ نوشته شده در  ساعت 11:44 AM  توسط Armand Karimi Goudarzi  |